1. Organiser l’emploi du temps.
L’activité sportive en complément d’une scolarité classique est pour l’enfant un facteur d’équilibre tant intellectuel que psychologique.
Pour autant, pour que l’enfant bénéficie de cet équilibre, il faut que l’activité sportive trouve sa juste place dans l’emploi du temps de l’enfant, c'est-à-dire qu’elle soit perçue par lui comme un moment de détente, et non comme une charge supplémentaire à assumer au sein d’un emploi du temps déjà conséquent. C’est alors aux parents à prendre les mesures qui s’imposent pour que le sport reste au service de l’enfant.
Concrètement : Répartissez à partir de l’emploi du temps scolaire de votre enfant des plages à horaires fixes destinées au sport. Ainsi, s’il dispose de son mercredi après-midi et de son samedi, prévoyez par exemple deux heures de devoirs/révisions durant ces deux journées.
Il reste par contre important que votre enfant dispose d’une journée « libre » par semaine, c'est-à-dire sans travail obligatoire ni horaires à respecter : cette soupape de sécurité dans un emploi du temps chargé est indispensable à la récupération de son cerveau.
2. Clarifier les enjeux respectifs de la scolarité et du sport.
Si le sport occupe de plus en plus de temps dans l’actualité médiatique et qu’il monopolise des budgets de plus en plus importants sur le plan économique, il est donc très risqué d’en faire la colonne vertébrale d’une scolarité classique. Dans le domaine du sport professionnel, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus !
Quel que soit l’engouement de l’enfant et l’intensité de sa passion, et sans forcément les refroidir, cela reste le rôle des parents de replacer l’activité sportive à sa juste place dans sa confrontation au monde scolaire. Si le sport est une « école de la vie » parmi d’autres et qu’il occupe une place trop souvent négligée au sein de l’Education nationale, il reste indispensable d’expliquer à l’enfant que c’est avant tout en se mettant au service de sa scolarité que le sport lui sera utile !
Concrètement : Aussi longtemps qu’il n’est pas en mesure de professionnaliser son activité sportive, continuez à donner la priorité à son parcours scolaire, que ce soit en le félicitant abondamment lorsqu’il obtient de bonnes notes, ou en l’encourageant à donner la priorité aux devoirs sur le sport.
3. Relativiser les conséquences de l’échec.
A un âge où l’importance des échéances scolaires va crescendo, le sport est l’un des lieux où peut s’exprimer le plus clairement la pédagogie de l’échec : chaque partie, chaque compétition suppose un vainqueur, et au moins un vaincu.
Il incombe donc souvent aux parents d’écouter les frustrations et les déceptions, mais aussi de trouver les mots pour consoler les vaincus. C’est alors le moment de rationaliser l’échec, d’en analyser la cause, de le démystifier aussi, pour ensuite parvenir à envisager la prochaine échéance sous un jour ragaillardi.
Concrètement : En cas de mauvais résultat sportif, rappelez à votre enfant que si c’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en perdant qu’on devient un gagnant… pour peu que l’on sache ne pas en rester là ! Tout résultat a son explication, qu’elle tienne dans une mauvaise condition physique, un manque de technique, ou tout simplement un manque de motivation. Il suffit ensuite de se remettre au travail pour combler les brèches dont cet échec est le symptôme – et partant de là, l’entraînement devient alors un passionnant parcours vers l’excellence !
4. Etablir des ponts entre l’entraînement sportif et l’activité intellectuelle.
Dans la droite ligne du point précédent, parce qu’il reste lié à un effort beaucoup plus concret que l’effort intellectuel, le sport permet souvent d’expliquer à l’enfant le sens que doivent revêtir les devoirs à la maison, ou la nécessité de persévérer même lorsqu’on ne comprend pas du premier coup : de même qu’un footballeur ou un basketteur doivent s’entraîner tous les jours à taper dans un ballon pour pouvoir, le jour du match, espérer marquer un but ou un panier, de même il est nécessaire qu’un élève fasse tous les jours ses devoirs consciencieusement pour espérer, le jour du devoir en classe, obtenir une bonne note. Si la relation de cause à effet est la même dans les deux cas, son évidence est bien souvent mieux perçue dans le cadre du sport…
Concrètement : l’échec n’est jamais une fatalité, que ce soit en sport ou en cours. Apprenez ainsi à votre enfant l’importance du travail préparatoire à toute échéance, afin qu’ils intègrent dès leur plus jeune âge à labourer pour mieux récolter le jour venu !
Les questions à se poser en tant que parent si son enfant veut faire de la compétition sportive.
1. A-t-il une condition physique qui lui permette de supporter les sollicitations intensives propres au rythme de la compétition ?
Si la question couvre un point de bon sens élémentaire, il n’en reste pas moins indispensable de la prendre au sérieux : le corps d’un enfant ou d’un adolescent, par définition en pleine croissance, est d’autant plus exposé aux traumatismes physiques. Il importe donc, avant la concrétisation de tout projet de compétition, d’en parler avec le médecin de famille, ne serait-ce que pour avoir son avis. Une attention particulière doit notamment être portée aux problèmes de scolioses, que des entraînements trop intensifs pourraient aggraver de manière significative.
Concrètement : Faites établir par votre médecin un bilan médical complet en lui demandant son avis, et éventuellement les précautions à prendre, dans la perspective de l’activité que votre enfant envisage.
2. La compétition sportive et ses contraintes (entraînements pluri hebdomadaires, déplacements, etc.) est-elle compatible avec sa scolarité ?
Participer de manière régulière à des compétitions sportives suppose pour l’enfant, mais aussi pour ses parents, d’intégrer dans leur emploi du temps de nombreuses contraintes. Parmi celles-là, la plus évidente reste celle des entraînements, dont la fréquence et la longueur sont proportionnelles au niveau atteint par l’enfant. Par ailleurs, il est rare que la compétition pour laquelle l’enfant s’est tant entraîné ait lieu dans la périphérie de son domicile : ce sont donc de nombreux et réguliers déplacements qu’il faut prévoir.
Or, puisqu’il n’est jamais possible de rajouter un jour à la semaine, la question cruciale des priorités à mettre en avant se pose tôt ou tard : faut-il privilégier la scolarité de l’enfant, quitte à rogner sur l’un ou l’autre de ses précieux entraînements, ou bien son activité sportive, quitte à négliger certains aspects préjudiciables pour la suite de son instruction ? Il n’est bien évidemment pas de réponse toute faite à une telle question : c’est à chacun d’en apporter une personnalisée, en prenant en compte avant toute autre chose la question de l’avenir de l’enfant.
Concrètement : Avant d’adopter définitivement un emploi du temps, établissez une période « test », quitte à ensuite alléger ou aménager le dit emploi du temps. Tout au long de l’année, restez attentif aux signes de fatigue trop prononcée de votre enfant, afin que la carte du sport, que vous désirez lui offrir comme un atout, ne devienne pas une carte perdante dans sa scolarité.
3. La compétition sportive et ses aléas (les victoires, mais aussi les défaites) vont-ils réellement l’aider à se construire ?
Si la compétition sportive est une des plus excitantes écoles de la vie, il n’en reste pas moins que tous les enfants ne sont pas égaux devant le sport : est-il ainsi par exemple vraiment judicieux d’encourager un enfant à poursuivre la compétition quand chacune de ses défaites le plonge dans un abattement peu constructif ? De même, si l’enfant ne parvient plus à gérer de pair sa scolarité et les contraintes de la compétition, est-il vraiment indispensable de l’encourager à persévérer contre vents et marées ? Comme tous les outils pédagogiques, le sport doit rester au service d’une éducation, voire d’un épanouissement : assujettir l’enfant à l’outil en question sous prétexte de lui apprendre à s’en servir représenterait ainsi un contresens pédagogique.
Concrètement : Surveillez les signes d’abattement excessif ou de dévalorisation propre chez votre enfant. Si ceux-ci deviennent systématiques, proposez-lui de changer d’activité sportive, ou d’aborder celle qu’il pratique sous un jour plus détendu, moins lié à la compétition. Enfin, replacez là encore le sport à sa juste place dans sa vie : ce n’est pas tel ou tel résultat sportif qui décide de l’avenir !
4. Est-il partie prenante d’un tel projet ?
Si cela semble aussi un point évident, la réponse à la question est moins simple à obtenir de façon certaine. Dans le psychisme d’un enfant, les problématiques affectives, la volonté de bien faire, mais aussi celle d’être reconnu (notamment par ses parents) restent omniprésentes, et peuvent ainsi orienter des choix sur des bases faussées. La manière la plus simple et la plus évidente de faire du sport un atout pour votre enfant reste de l’impliquer dans le projet de compétition et de lui en présenter les contraintes, mais aussi de le rassurer quant au regard que vous portez sur lui, afin que dans son esprit votre lien avec lui ne dépende jamais des résultats de quelque compétition que ce soit.
Concrètement : Prenez le temps de parler avec lui du projet, de ses contraintes (notamment en matière d’emploi du temps : renoncement éventuel à d’autres sorties, etc.) et demandez-lui de s’engager à les respecter.